Mission impossible

Tsunami, Séisme, la France ingouvernable. Du jamais vu : la 4eme République est de retour !

Comme en 2017 Emmanuel Macron est au centre de ce bouleversement inattendu. Il y a 5 ans  le nouveau monde s’offrait à lui. Aujourd’hui presque toutes les portes se referment. Il n’est plus De Gaulle ou Mitterrand, et bientôt certains diront qu’il est le nouveau René Coty !

Hier la France, comme souvent en recherche d’autorité, avait  quasiment chassé de l’Elysée le velléitaire François Hollande. Aujourd’hui la même France, a décidé de priver des moyens de gouverner, pour motif d’autoritarisme, celui-là même qui l’avait très vite séduite. 

 Qui est responsable de cet échec spectaculaire du pouvoir en place depuis 5 ans ?

En premier lieu, le Président pourtant réélu il y a quelques semaines. 

 Ce dernier a cru efficace, pour les Législatives, d’utiliser la même tactique que celle qu’il avait adoptée pour sa réélection : la tactique du silence

Pour la Présidentielle, les Français ont majoritairement admis cette absence sur le terrain et les débats télévisés. La situation en Ukraine justifiant à leur yeux cette absence.

Au contraire pour les législatives, ce silence a été analysé très souvent comme la preuve de l’arrogance du Président.

Cette façon d’affronter l’élection a surtout démontré sa méconnaissance profonde de la psychologie de nos concitoyens.

Pour lesquels, la moindre des choses eut été de présenter et de défendre des projets et la politique voulus pour les 5 ans à venir.

Qu’elle a été la conséquence de cette erreur ?

           Elle a permis à ses principaux adversaires, la Nupes et Rassemblement National de s’engouffrer dans la place laissée libre.

Leurs attaques ont été d’autant plus efficaces que les deux opposants ont su se faire entendre par cette France qui de plus en plus en plus s’éloigne de la France des élites.

 En effet RN et Nupes peuvent se présenter comme les défenseurs de la France qui doute, celle qui veut une protection sans limite, celle qui veut que le social s’impose à l’économie. Cette France qui choisit trop souvent les pavés et les rondpoints. En somme celle qui veut imposer la démocratie directe et qui n’a que faire de la démocratie représentative. 

Une interrogation s’impose désormais : ce pays fracturé est-il gouvernable compte tenu de la virulence des deux principales oppositions?

Compte tenu de notre  aversion constante pour le principe même du compromis, on peut craindre que ce soit mission impossible.

Si hélas c’est le cas, on peut s’attendre, au minimum, à une période très chahutée. Cela sera d’autant plus grave que dans le même temps, le monde sera vraisemblablement confronté à une crise économique de la plus grande ampleur .

Mais le pire n’est peut-être pas certain.

Le refus, très rapide, clair et net d’EELV, du PC et surtout du PS, d’adopter un groupe unique sous la coupe de LFI est peut-être le premier signe avant-coureur du retour vers la raison, et de la volonté de remettre à sa juste place l’ivresse de la parole.

Très rapidement Mélenchon, l’autre grand perdant, vient hier de tomber de sa chaise.

Il ne sera pas Premier Ministre. Il ne sera même pas le « Commandatore » de la Gauche.

 Peut-être est-il en train de comprendre, à bientôt 71 ans, que le temps de la retraite, peu à peu, va pour lui s’imposer ? Lui qui à cor et à cri veut l’installer à 60 ans pour le commun des Français.

Dommage pour lui et pour nous, car parfois nous pouvions admirer le talent de ce grand acteur du « théâtre ce soir ».