L’autorité en question

TV5 Le monde

Une enquête du « Centre d’étude de la vie politique en France » sur le moral des Français vient d’être publiée. Le moins que l’on puisse en dire c’est que ce n’est vraiment pas la joie !

Trois indicateurs caractérisent ce pessimisme ambiant :

– les Français sont de plus en plus moroses : 34% contre 22% l’an dernier.

– de plus en plus découragés 41%, soit 13% de plus que l’an dernier

– de moins en moins sereins : 15 % seulement le sont, contre 40 pour les Allemands , voire 42 pour les Anglais.

Nous sommes les rois de la déprime, surtout par rapport à nos grands voisins qui absorbent les attaques de la Covid 19 avec beaucoup plus de tranquillité.

Cette descente aux enfers, risque de s’accentuer;  chaque jour apporte sa dose de mauvaises nouvelles et d’angoisse.

C’est ainsi qu’à la pandémie s’ajoutent, entre autres handicaps :

              la montée en puissance du communautarisme

              la violence parmi les jeunes 

              et enfin une méfiance croissante envers les institutions.

La croissance du séparatisme islamique est enfin reconnue comme une donnée incontournable qui va totalement à l’encontre de notre culture laïque que l’on pouvait croire définitivement installée. A en croire un sondage de l’ lfop publié le 3mars, l’évolution n’en est qu’à ses débuts. Selon cette étude une fracture générationnelle voit le jour, puisque une majorité de lycéens se déclare « ouverts à l’expression de la religiosité dans l’espace publique et hostiles à la liberté de critique des religions » 

La violence parmi les jeunes

De plus en plus tôt, des jeunes sont impliqués dans des affrontements mortels. Certains quartiers, déjà asphyxiés par les trafics de drogues, deviennent des arènes dans lesquelles s’affrontent des bandes de « gamins », les armes à la main. Nos institutions semblent désarmées face à se déferlement de violences. 

Pourquoi ces échecs renouvelés et ceci dans bien des domaines ?

Les raisons sont multiples, mais on peut en retenir  au moins une : l’affaiblissement de l’autorité

Cette évolution très négative trouve, en partie, sa source dans le rejet, de plus en plus prononcé, du monde politique.

Ici encore, l’étude du Cevipof le montre éloquemment.

   77% des Français (chiffre énorme) ont une vision négative de la politique. 

Pire 23% ( soit 3 fois plus que les Allemands) éprouvent même du dégoût envers ce monde. Ce monde qui est pourtant l’émanation quasi fidèle du corps électoral et de nos spécificités comportementales. Nos 

élus ne sont que nos avatars ; ni meilleurs ni plus détestables . Ils ne sont que nos reflets.

La condamnation de Nicolas Sarkozy à un an de prison ferme ne va certainement pas améliorer l’image des politiques. Et pourtant n’a-t-il 

pas agi comme l’aurait fait peut être, dans de telles circonstances, une bonne partie des Français, utilisateurs obsessionnels de leurs réseaux d’influence. Il est vrai qu’un ancien Président ne pourra plus jamais être un « monsieur tout le monde ». 

Confronté à ce type d’incertitude doit-on accepter l’autorité de ceux qui nous gouvernent ?

En réponse, certains membres de l’opposition considèrent eux qu’il y a en France trop d’autorité et que l’essentiel de nos problèmes provient de la verticalité du pouvoir.

 En conséquence ils souhaitent une sixième République, très proche au final de l’inefficace 4eme République.

Cette dernière n’est en rien exemplaire, en matière d’autorité. Au contraire, elle a généré une armada de Présidents du Conseil qui, toujours sous la crainte de combinaisons entre les partis, ont surtout été des exemples quasi constants de fragilité. 

De la même façon, comment ne pas voir que, depuis la création du quinquennat, les Présidents actuels sont, pour la moitié du temps de leur mandat, en pré-campagne électorale, période idéale de contestation de l’autorité.

En réalité, le retour aux origines de la Constitution doit, au point où nous en sommes, apparaître comme une absolue nécessité.

 Dans notre pays, tel qu’il est depuis toujours, et dans ce nouveau monde en constante évolution et contestation, seul un Président élu pour 7 ans aurait cette autorité qui aujourd’hui nous fait cruellement 

défaut pour affronter les bouleversements très nombreux qui s’amoncellent à l’horizon .

Cette autorité dont a besoin notre pays, seul le temps long peut la procurer.