Demain, la crise

Unknown-4
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Le ciel nous est tombé sur la tête !

Nous avons d’abord pensé affronter le seul et épouvantable Covid 19. Erreur, il nous faut maintenant nous projeter sur un nouveau front tout aussi dangereux, celui de la guerre économique.

Depuis plusieurs années l’économie mondiale est basée sur une sorte de division des tâches. La Chine est devenue incontournable en matière d’activité industrielle, les pays autrefois dominants se réservant, parfois mais pas toujours, la seule touche finale du processus de fabrication.

Ce qui éclate désormais au grand jour c’est que le « doux commerce » , c’est à dire le partage des tâches, plutôt cohérent et équilibré, est désormais révolu.

La Chine est devenue la maîtresse du jeu parce que beaucoup trop de pays ( la France  bien évidemment, mais aussi l’Allemagne et même les E U) délèguent tout ou partie de la chaine industrielle à Pékin.

L’exemple quasi parfait de ce déséquilibre vient de nous être donné dans le secteur de la production des masques sanitaires. Dans ce domaine précis, la délégation à la Chine du processus de fabrication et de stockage de ce type de barrière de protection, a entrainé une totale dépendance des anciens pays, jusqu’alors leaders de la planète.

S’il est un enseignement économique de cette pandémie, c’est bien la nécessité de reprendre très vite la main, de revenir à un certain équilibre.

Pour y parvenir une quasi révolution dans nos approches et nos habitudes est nécessaire. Non seulement la « Chine s’est réveillée » mais en réalité elle nous a poussés dans une impasse. C’est ainsi, entre autres exemples, que l’industrie du luxe nous échappe en grande partie ou encore, dans un autre domaine, que bientôt Apple ne pourra mettre ses Iphones sur le marché que dans la mesure où l’entreprise américaine acceptera de se soumettre aux conditions de son fabricant chinois.

Le piège s’est refermé sur l’Occident avec une force et une efficacité telles que l’on peut parfois avoir l’impression (digne d’une des plus folles fake-news), que les 3000 morts de Wuhan ne sont jamais que les victimes nécessaires d’un plan totalement machiavélique qu’aurait conçu et mis en place le Président XI Jinping dans sa guerre contre les Etats-Unis de Trump .

Aujourd’hui on ne peut être sûr que d’une chose : c’est qu’une pandémie monstrueuse déferle sur le monde entier et que son agent le Covid 19, si violent qu’il soit par les morts qu’il accumule, va aussi mettre en très grand danger toutes les économies et bien évidemment celle de notre pays.

La pandémie va accoucher d’un monstre : une récession peut-être plus forte que celle constatée lors de la crise de 1929.

Pour y échapper il faudra en quelque sorte résoudre la quadrature du cercle.

Comment en effet relancer l’offre en provenance de nos entreprises actuellement à l’arrêt si, dans le même temps, les Français tirent le diable par la queue et n’ont plus, dans leur grande majorité, les moyens de dynamiser la demande de consommation ?

Une lueur d’espoir incite à un certain optimiste puisque l’Etat a, depuis plusieurs semaines, lâché la bride et vient même, il y a 48 heures, de doubler le  montant des aides financières de toute nature.

Cet effort n’est pas l’exclusivité de la France car la plupart des grands pays ( E.U, Allemagne, Grande Bretagne …) font de même. L’Union Européenne, après bien des tergiversations, prend enfin le même chemin ;  c‘est tant mieux car aujourd’hui beaucoup de pays sont dans la position de la Grèce, la réprouvée d’ il y a une dizaine d’année.

Reste que malgré ces premiers efforts européens, le pessimisme s’installe pour la raison essentielle que l’esprit communautaire est aux abonnés absents. Une division structurelle est de plus en plus évidente entre les pays du nord de l’Europe et ceux du sud : les sérieux du nord (Allemagne et Pays-Bas) ne veulent plus se sacrifier pour les inconséquents du sud ( Italie, Espagne et même la France).

Il est manifeste que désormais les 27 sont trop nombreux. L’esprit d’union généré par l’après-guerre a disparu, dilué dans des réunions et des décisions où la démarche trop technocratique et libérale l’emporte sur le projet politique. La concurrence ne peut plus être l’alpha et l’oméga de l’économie européenne.

La guerre contre le Covid 19 aura peut-être une conséquence inattendue, celle de nous inviter à revenir vers l’Europe de l’origine, celle des Six. La Grande-Bretagne a déjà indiqué le chemin de la sortie. Cette solution pourrait en tout les cas constituer un scénario possible, à moyen terme, pour vraiment surmonter la crise économique qui gronde à l’horizon et qui n’a pas fini d’être notre pain quotidien pour de trop longues années.