Les fariboles de Philippe Martinez

Unknown
RTL

 

Le discours de politique générale d’Edouard Philippe n’a pas été un de ces instants d’éloquence qui marque notre vie politique et notre histoire.Par bien des points il avait tout d’un inventaire à la Prévert. En définitive c’est une bonne chose ,car les Français souhaitaient avoir des réponses concrètes aux questions pratiques qu’ils se posent. Fondamentalement, dans notre Constitution un Premier Ministre est là pour cela.

Parmi les réformes annoncées, la réforme des retraites est certainement la plus importante, la plus urgente, mais aussi la plus dangereuse.

La plus dangereuse, car elle est du pain béni pour tous les démagogues.

Ceux-ci vont y voir une agression insupportable contre les travailleurs français. Suivant son habitude Philippe Martinez a déjà lancé les hostilités et il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère : n’a-t-il pas affirmé sur RTL (12/6/19 RTL Soir) que « si l’on travaille plus longtemps on vivra moins longtemps ».

En somme, pour lui le Premier Ministre est un tueur potentiel.

La réalité est toute autre. Si l’espérance de vie s’est accrue c’est essentiellement dû aux progrès de la médecine et non à un précoce départ en retraite. Les chiffres avancés par l’OCDE dans un rapport très récent le démontrent clairement.

D’après cette étude, en terme de temps de travail les Français sont classés en fin de liste du classement mondial ; loin, très loin, des premiers, les Coréens du Sud ? Schématiquement nous sommes pendant notre vie entière à moins de 60% de la quantité de travail fournie par la population coréenne.

Dans ces conditions, si la faribole du secrétaire générale de la CGT était objective et exacte, les habitants de Séoul seraient promis à une mort beaucoup plus rapide que les bagnards de l’Hexagone.

Or il n’en est rien ! les deux peuples ont quasiment la même espérance de vie : 82 ans.

Décidément le travail ne tue pas. Certains même prétendent qu’il protège.

C’est ce qu’ont compris la grande majorité des pays comme par exemples les E.U, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Italie, la Belgique qui ont tous un départ en retraite beaucoup plus tardif que le nôtre. C’est tout particulièrement vrai de l’Allemagne notre concurrent principal qui a placé la date de départ à 67 ans. Décision d’autant plus intéressante qu’elle va de pair avec une espérance de vie  d’un seul point inférieur à la France. Point qui trouve son origine (les tableaux statistiques de l’Ined le démontrent clairement) non dans le surcroit de travail mais dans l’héritage médical issu de l’intégration de la RDA ; pays piloté en son temps par l’idéologie chère à l’actuel secrétaire général de la CGT..

Ce débat sur l’âge de départ en retraite aura un double mérite. Celui de nous faire prendre conscience de la fragilité de notre système. Mais  aussi celui de nous conduire au réalisme face à l’économie mondialisée.

Nous croyons encore, alors que les 30 glorieuses sont terminées depuis longtemps, que notre niveau de vie, notre système social particulièrement avantageux seront préservés à jamais. Nous sommes, croyons-nous, dans une oasis qui doit être un exemple pour la terre entière.

Il est plus que temps de nous réveiller !

Nous regardions il y a quelques années les pays émergents , avec beaucoup de commisération. Désormais ils nous font peur par leur dynamisme , leur compétence et leur temps de travail.

Nous le voyons chaque jour davantage dans la guerre qui s’installe, nous sommes attaqués de toutes parts : par les E.U, première puissance mondiale pour encore peu de temps , la Chine qui talonne l’Amérique et va bientôt la dépasser, l’ Inde qui progresse elle aussi à grand pas, la Russie, le Brésil etc…

Tous ces pays n’ont que faire de nos états d’âme.

Il faut arrêter de rester embourbés dans des réflexes d’un autre âge. Il faut, entre autres changements, prolonger le temps de travail et acquérir de nouvelles compétences  dont nous manquons dramatiquement.

Comme l’écrivait  il y a quinze ans déjà, Eric Le Boucher à l’époque journaliste au Monde ( Economiquement incorrect- Grasset 2005) ; « il n’y a qu’un interdit : l’ignorance de la compétition globale ».

Vérité d’évidence auquel pourtant Phillipe Martinez et ses amis  ne se résolvent pas à accepter.