Jeudi décisif

Unknown
L’express

 

On l’avait pressenti depuis le début ( édito du 20/11/18) le conflit provoqué par le mouvement des « gilets jaunes) ne pourrait pas être résolu par « l’appel à la sagesse et par l’accumulation d’arguments objectifs de nature économique. L’issue de la bataille engagée relevait du rapport de force et non de la raison ».

Aujourd’hui, on en est encore là ! :

– les derniers gilets jaunes, même sincères, continuent à penser qu’ils n’ont que faire des paroles du Président ; ils ne prendront même pas la peine de l’écouter !

– l’opinion publique fait preuve d’une patience étonnante. Malgré la montée indéniable de l’irritation, elle pense que les concessions du gouvernement rejailliront positivement sur la situation des Français.

– les politiques et certains corps intermédiaires  cachent à peine leur satisfaction de voir le destructeur de l’ancien monde affronter le plus grand des périls.

– la bêtise, au front de taureau, occupe l’arène sans vergogne. On crache sur les pierres de notre cathédrale aux siècles accumulés, affirmant qu’elles ne sont rien face aux appétits des petits Français d’aujourd’hui.

– la haine folle des parasites, les extrémistes de droite et de gauche, devient notre pain hebdomadaire. Ils saccagent, brûlent au nom d’une prétendue démocratie et complètement délirants enjoignent aux policiers et gendarmes de se suicider.

Au final, la crise n’en finit plus et fait peser sur l’économie de notre pays une menace terrible. Au grand plaisir de nos concurrents, abasourdis par ce pays qui au lieu d’entreprendre, de créer, de se battre contre ses concurrents, s’acharne contre lui même.

Reste une chance, faible mais bien réelle .

Celle de voir l’hôte de l’Elysée, quitter sa défroque de brillant sujet de nos grandes écoles ; pour enfin revêtir les habits sombres et sobres d’un véritable homme d’Etat.

La conférence de presse  de jeudi nous dira s’il en est capable, s’il en a le courage et la volonté.

Pour en terminer avec cette épreuve, il ne peut plus se contenter d’utiliser ses réelles compétences et sa compréhension étonnante de ce nouveau monde qui surgit à folle allure. Il doit dire et faire toute autre chose.

Il doit « renverser la table » et apporter un souffle vraiment nouveau.

En somme il devra sortir de cette forme d’adolescence provocatrice qui l’habite encore et provoque parfois l’incompréhension.

Les obstacles sont énormes car il préside aux destinées du peuple le plus paradoxal de cette terre :

     

        -Réfractaire à l’impôt mais exigeant  toujours plus de services publics de plus en plus coûteux.

         – Avide d’argent et de biens, mais toujours jaloux de ceux qui en possèdent.

         – Critique constant et acharné de ses dirigeants mais la larme à l’oeil dès que retentit la Marseillaise .

          – Pessimiste obsessionnel et pourtant se prenant pour le guide de la planète.

Et puis, au dessus de tous les paradoxes, notre détestation de l’autorité, alliée à notre envie dissimulée de participer à la légende d’un souverain, d’un Empereur ou d’un Président.

  Qu’importe le moment est là, sans échappatoire possible.

Comment le faire sien ? Les grandes écoles ne donnent pas le secret de cette force, de cette potion magique.

On saura dès jeudi si Emmanuel Macron est capable de changer de dimension. Si, comme le disent les paysans normands « il a les plumes taillées pour tenir le rôle ».

Si la réponse est non, ce sera la descente aux enfers, injustement sans doute, mais inexorablement.

Alors que pourtant personne n’apparaît crédible à l’horizon.

C’est peut-être sa chance et sa force.