Mission impossible

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Peu d’observateurs y croyaient ! Le Grand Débat n’était qu’une réponse artificielle  à un problème de première importance.

En somme un subterfuge pour laisser passer l’orage.

A la surprise générale près de 1, 5 million de personnes ont contribué à la réflexion citoyenne. L’état des lieux fait ce lundi par le Premier Ministre montre à l’évidence la créativité des Français du Grand Débat. Ils viennent à leur façon de réaliser un exploit. ls ont  généré les éléments de base nécessaires à un nouveau type de démocratie ; celui-ci tenant tout autant de la démocratie directe que de la démocratie représentative.

Mais la sortie de crise est loin d’être assurée ; tout va dépendre non seulement de la qualité des réponses qu’apportera le Président de la République, mais aussi du réalisme de la majorité des Français.Ces derniers sont d’ailleurs sous l’influence des divers partis qui, fidèles à leurs tristes habitudes, passent déjà l’essentiel de leur temps de parole à critiquer tous azimuts : Jean luc Mélenchon parle de « bide » total, et l’ineffable Nadine Morano se déguise en père prêcheur du catéchisme, en exigeant d’Emmanuel Macron qu’il « répare ses fautes ».

Le défit est immense pour le Président de l a République car les revendications, aussi nombreuses que contradictoires,  ne seront pas aisées à satisfaire.Comment en effet ne pas dénoncer la contradiction évidente, entre l’exigence absolue d’une diminution urgente de la charge fiscale et le souhait de voir améliorer la qualité des services publics.

Au delà du simple bon sens économique, ce ras le bol fiscal met à mal l’ idéologie jusqu’alors dominante dans notre pays, celle de la primauté absolue de la protection sociale.

Exiger une réduction fiscale conséquente et immédiate, c’est, implicitement proclamer que désormais la sociale-démocratie n’est pas forcément la solution adéquate. Elle n’est plus, pour une grande partie des citoyens, la référence.

Avec un peu plus d’attention, on aurait d’ailleurs pu discerner cette révolution depuis plusieurs mois.En effet, si le mouvement des gilets jaunes s’est opposé très explicitement au gouvernement, de la même façon il s’est détourné très clairement du mouvement syndical et de ses leaders, soupçonnés d’ignorance et d’incompétence crasse. Ce divorce totalement inattendu explique d’ailleurs la longueur du conflit et ses multiples et graves dérapages.

Reste maintenant pour le Président, à résoudre la quadrature du cercle. Réduire les impôts et améliorer les services publics, diminuer la dette, ne pas trop toucher aux retraites etc, etc… Tout cela dans un contexte où la croissance est presque atone, où nous devons non seulement lutter  contre le chômage des jeunes (dont la formation est largement insuffisante par rapport aux besoins de l’économie), mais aussi repenser l’accompagnement des personnes âgées, de plus en plus nombreuses dans les Ephad.

Le temps était beau à l’époque des septennats de François Mitterand. Il avait reçu un pays dont les caisses étaient, comparées à aujourd’hui, en assez bon état. Il avait pu abaisser de 5 ans l’âge de départ à la retraite et laisser à ses disciples le soin de réduire fortement  le temps de travail.

Son image est, au final, excellente. Et il est rentré dans l’histoire comme un bienveillant patriarche.

Mais nous avions donné des leçons au monde entier, lequel désormais s’esclaffe et nous réduit au niveau d’une puissance de second niveau.

 Aujourd’hui , son dernier successeur affronte les récriminations, et parfois la haine d’un pays qui ne peut pas admettre que le temps des vaches grasses est terminé.

Jupiter doit affronter les douze travaux d’Hercule.

Mission impossible sans doute . On va bientôt le comprendre.