La croisée des chemins

Unknown
France Info

Paris saccagé, la France accablée et moquée partout dans le monde.

A qui la faute ? A beaucoup d’acteurs du drame ;

       -D’abord, c’est une évidence, au mouvement des gilets jaunes. Celui-ci se prétend le peuple, alors qu’il n’en est qu’une petite minorité et au nom de cette prétention indue permet et encourage la violence sur les personnes, les saccages sur les biens et les richesses de notre culture commune.

Contestataires de l’ordre établi pourtant par le vote démocratique, ils détestent le Grand Débat qui leur vole la vedette. Ils sont à la remorque des ukases propagés par les réseaux sociaux et sont les exécutants quasi serviles des ultimatums dressés par leurs penseurs à l’ego démesuré.

Devant les résultats calamiteux de leur violence, ils répondent par des discours où la naïveté le dispute à l’hypocrisie. « C’est pas moi, c’est l’autre ! Notre violence n’est qu’une réponse à la violence économique que nous subissons! »

               – Ensuite la plupart des partis de l’opposition qui ont cru pouvoir se refaire une santé en soutenant, plus ou moins discrètement, et dès le début, les réclamations des Gilets jaunes. Ce sont parfois les mêmes qui aujourd’hui, réclament sans vergogne des mesures d’exception pour contrecarrer les  folles dérives de leurs anciens amis. En somme les incendiaires revêtent sans honte l’uniforme des pompiers.

               – puis au Président et au gouvernement qui ont cru qu’ils avaient déjà gagné la partie. Pour cette raison, qui trouve son origine dans le succès indubitable de la première phase du Grand Débat, les moyens des forces de l’ordre ont été modifiés et abaissés. Excès d’optimisme qui vient de tourner au cauchemar.

                  Enfin aux extrémistes de gauche et de droite, pour qui l’ordre républicain est un chiffon rouge.

Depuis le début, ces virus de plus en plus mortels ont quasiment fait voler en éclat la démarche des premiers Gilets. Les papys des rond-points ne peuvent pas se reconnaitre dans ces nombreuses phalanges de « Black  -Blocs » pour lesquels l’objectif de destruction systématique et l’anarchie constituent les seules motivations.

Et c’est ainsi que, par l’addition des rêveurs et des casseurs, on est passé de la contestation des taxes sur l’essence à l’exigence d’une démocratie directe farfelue, totalement inadaptée à l’importance de notre pays.

Toutes ces causes sont reconnues mais elles ne suffisent pas à expliquer la longueur et la violence de ce conflit. L’opinion publique y a sa part et c’est peut-être la plus grande.

Depuis le début nous savons que la raison ne viendra pas à bout de la rébellion « jaune » ( cf l’édito du 20/11/18) ) .  Peu importe aux contestataires, que notre modèle social soit parmi les meilleurs ; peu importe encore qu’il soit le plus redistributif. L’ignorance et parfois la mauvaise foi sont enracinés dans les têtes.

Il n’est pas question pour eux de prendre en compte la dure réalité : celle de l’endettement monstrueux de notre pays, celle de l’immense dépense publique délirante qui implique une charge fiscale démesurée. Gilets jaunes et opinion publique se refusent à faire les choix qui s ’imposent . On veut le pour et son contraire, plus de mesures sociales et moins d’impôts, et total mépris pour les 10 milliards déja dégagés  en décembre. C’est pourquoi la majorité des Français s’étaient dès l’origine mis du côté des gilets jaunes.

Ce soutien a conforté le mouvement. Beaucoup de Français ont cru qu’ils y avaient intérêt : tranquillement , en sourdine, quasiment cachés, ils attendaient que la révolution des rond-points travaille pour eux. De la même façon qu’en 1968 la révolte étudiante a provoqué avec les accords de Grenelle une augmentation de 35% de la généralité des salaires. Ces Français inconscients oublient que nous sommes très, très loin des « trente glorieuses ».

Sans ce soutien trouble il y a longtemps que la séquence serait terminée.

Au contraire, fort de cet appui qu’ils croient irréversible, les gilets jaunes continuent, participent trop souvent aux saccages ou rejettent toute responsabilité dans la descente aux enfers qu’ils viennent de placer sous nos pieds. Nouveaux jésuites, ils se contentent  de « condamner les actes mais pas les personnes qui les ont commis «.

La France semble enfin révulsée par les dérives scandaleuses qui ont émaillé la journée de samedi.

Désormais les tergiversations ne sont plus de saison, il faut clairement choisir :

              -soit rester sous la menace des dérives d’une minorité qui entend imposer ce qu’elle a le culot, extravagant, d’appeler la vraie  démocratie

                -soit proclamer que le gouvernement doit impérativement, au nom de l’intérêt général, mettre un terme à  cette pagaille ; le grand débat lui en donne certainement la force.

Nous sommes à la croisée des chemins.