Bossuet et la CGT

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L’Union de Reims

Il y a moins d’une semaine, un évènement d’importance a eu lieu en France.

Personne n’a estimé nécessaire d’en parler, préoccupés que nous sommes  par l’improbable aventure des gilets jaunes. Les réseaux sociaux ont d’autres préoccupations et la presse n’a pas trouvé de journaliste assez provocateur pour reprendre les mots  utilisés par Bossuet lors de l’éloge funèbre d’ Henriette d’Angleterre «  Madame se  meurt, Madame est morte »

Et pourtant, même si certains ne voudront jamais l’admettre, le 5 février 2019, « Madame la C G T » a commencé sa dernière étape vers la fin du voyage.

Rappelons nous en effet l’appel à la grève générale qu’elle avait décrétée. Il fut un temps  où tout le pays aurait été paralysé, des défilés monstrueux auraient encombré Paris et toutes les préfectures.

Aujourd’hui rien de cela ! le flop intégral !

La France a travaillé et les pauvres 130.000 manifestants décomptés à travers tout le pays ont rempli de honte Philippe Martinez. Cela devient une habitude !

Pourquoi cet échec ?

Les raisons en sont connues pour la plupart.

Elles tiennent à la fin d’une idéologie ( le marxisme) et à la quasi disparition du parti qui le portait.

Mais là encore la France s’est distinguée. Alors que partout ailleurs il y a longtemps que les partis communistes et leurs extensions syndicales se sont volatilisés ; notre pays, au contraire, a prolongé la toute puissance du bras armé du P.C.

Enfermée dans son idéologie du passé, la C G T n’a pas osé franchir le pas du réformisme. Elle est resté sur ces principes d’affrontements systématiques.

En somme elle a loupé le coche , alors que bien des signes lui indiquaient qu’il était plus que temps de changer sa partition.

C’est là qu’intervient l’ultime explication de l’échec de la grève générale du 5 février :

                    Depuis plus d’un trimestre les gilets jaunes font la démonstration de l’inutilité de la vieille dame de Montreuil. Ils ont obtenu des résultats que Philippe Martinez ne pouvait même pas rêver et au surplus, cerise sur le gâteau, cela n’a pratiquement rien coûté aux salariés de notre pays.

En somme c’est le triomphe de l’irresponsabilité à moindre frais.

Cette décrépitude de la C G T est au final très grave.`

Elle apporte la démonstration qu’à l’exception notable de la CFDT, la plupart des forces syndicales par leur ringardise et leur refus d’évolution, n’ont pas fait mieux que la grande majorité des partis politiques, si critiqués aujourd’hui.

Par leur refus d’évoluer vers un syndicalisme de responsabilité, ces

syndicats, et tout particulièrement la C G T, ont ouvert la porte au « grand n’importe quoi ».

La démocratie représentative ne peut pas se satisfaire de la situation actuelle.

Alors qu’un assez probable retournement de l’opinion publique est en cours, toutes les parties en présence se préparent à faire l’inventaire objectif de ce qui s’est passé depuis cet automne.

La CGT n’échappera pas à cette forme d’introspection et de mise en cause ; même si elle s’abrite derrière sa clientèle habituelle ( fonction publique, des ports et docks, du Livre ou d’EdF).

Si elle se réfugie dans ses incantations habituelles, elle aura alors, à coup sûr, planté les clous dans son cercueil.

Exagéré ? Peut-être ! mais l’Histoire nous a réservé d’autres surprises.

Qui pensait il y a un quart de siècle que l‘empire soviétique allait, avec ses satellites et ses obligés de l’Ouest,  disparaitre corps et biens?   Evidemment pas les prédécesseurs de Philippe Martinez. Ils n’avaient pas discerner dans le ciel l’approche d‘un astéroïde jaune qui allait les fracasser comme de vulgaires dinosaures.