Les deux fronts

Le Point.fr

En 2017, les Français ont élu un nouveau Président qui semblait avoir toutes les capacités nécessaires pour assumer sa mission. Techniquement compétent, il possédait au surplus l’enthousiasme propre à renverser les montagnes qui allaient inévitablement se dresser devant lui.

Mais aujourd’hui, alors que le quinquennat se rapproche de sa dernière année, le pessimisme se répand.

Au début l’économie semblait aller dans la bonne direction, et le chômage diminuait vraiment. Mais, face à ces premiers bons points, les insatisfactions de toutes sortes, les conflits sociaux ( gilets jaunes , réforme des retraites etc) se sont multipliés dangereusement.

 Puis, comme si cela ne suffisait pas, la Covid 19 est arrivée et ne veut pas disparaître.

 Et, comme si la coupe n’était toujours pas suffisamment pleine, un attentat survient, qui détruit un homme, un professeur symbole de notre culture, d’une de nos valeurs marquante, la laïcité.

Ce drame a proprement sidéré notre pays.

Il est une sorte de détonateur, si puissant qu’il met au grand jour l’une des fractures très profondes de notre société : 

                           d’un côté certains musulmans.Et parmi eux beaucoup, de jeunes qui très majoritairement considèrent ( les derniers sondages le démontrent largement ), que la loi religieuse doit dominer la loi de la République.

                           de l’autre pratiquement tous les autres Français qui , quelque soit par ailleurs leur adhésion à tel ou tel parti politique, à telle ou telle croyance, n’acceptent pas que la prédominance républicaine puisse être contestée. Et en particulier que l’on remette en cause la liberté d’expression, même si celle-ci passe par le blasphème et des caricatures choquantes pour le commun des mortels.

Nous n’en avons pas fini avec cet affrontement, tout cela n’est peut-être qu’une première étape .

 Nous avons souri en mars dernier lorsque le Président nous a annoncé que nous étions en guerre ; qui peut en douter aujourd’hui ?

Nous sommes en réalité sous les feux croisés de deux ennemis : le coronavirus et l’intolérance ;  et la Covid 19 n’est peut-être pas à terme la plus dangereuse des agressions. On peut en effet espérer que dans quelques mois les vaccins résoudront largement le virus.

 Mais avec l’intolérance religieuse, le problème est sans doute plus complexe. Surtout, quand elle est relayée par d’autres pays, en particulier la Turquie.

 Le Président de ce pays poursuit en effet un double objectif :

             cacher par son ingérence dans nos propres affaires, les grandes difficultés économiques et politiques que traverse son pays

             mais aussi atteindre sa grande ambition : être reconnu comme le leader du monde sunnite. Ce sultan du 21em siècle ravalerait alors Atatürk, premier président de la République turque indépendante et laïque, au médiocre niveau des accidents de l’Histoire.

Cette ambition démesurée est d’autant plus dangereuse pour nous, que nous ne pouvons pas être certains, sur le moyen terme, de l’appui de nos alliés traditionnels et ceci pour au moins deux raisons :

        l‘importance de l’immigration turque en Allemagne pèse lourdement sur la politique étrangère du gouvernement  fédéral.

       Et puis surtout, la plupart de nos pays amis n’ont pas comme nous la même révérence  envers la laïcité. Pour nous elle est une de nos valeurs fondamentales. Pour eux, parfois elle est presque une curiosité pratiquée ces Français tellement originaux.

L’avenir est sombre, très sombre. Et ce n’est pas la tuerie qui vient de se produire à Nice, ce matin, qui viendra contredire cette terrible crainte.

 Depuis plusieurs mois une sorte de malédiction semble frapper notre pays et nous contraint à nous rappeler une petite anecdote de l’Histoire. 

Napoléon.hésitant devant un choix difficile à faire entre plusieurs généraux avait émis un voeu surprenant « donnez moi un général qui ait de la chance »

Avec Emmanuel Macron, le pays ne semble pas  avoir choisi un chef d’Etat  favorisé par les  évènements et l’Histoire. C’est même tout le contraire. Les épreuves s’accumulent et et le pire finira peut-être par se profiler à l’horizon

 Sauf si, enfin, à force de ténacité, le Président retrouve la compréhension et l’adhésion des français.

 En somme s’il est capable de faire des miracles

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